Yorkshire terrier : caractère, santé, toilettage et prix

Le yorkshire, c'est un terrier de 3 kg, pas un accessoire. Caractère, aboiements, toilettage, dents, rotules et budget : la fiche complète.

Yorkshire terrier debout dans l’herbe, oreilles dressées

Trois kilos, une frange, un ruban sur la tête et une réputation de chien de sac à main. Voilà l'image. La réalité, c'est que la Fédération cynologique internationale le classe dans le groupe 3, celui des terriers, et que son propre standard précise noir sur blanc qu'il reste prédisposé à la chasse, qu'il s'agisse d'un jouet à la maison ou d'un rongeur dans le jardin. Un yorkshire, ce n'est pas un chihuahua à poil long ni un accessoire de mode : c'est un ratier miniaturisé qui a gardé le cran, la voix et l'obstination du modèle original. Et accessoirement, c'est l'un des chiens qui vivent le plus longtemps, avec des dents catastrophiques. On déroule.

🐾 Cette fiche fait partie de notre encyclopédie des races de chien de A à Z.

Origines : un terrier d'usine, pas un chien de salon

Le yorkshire apparaît autour de 1850 dans le nord industriel de l'Angleterre, dans la même région que l'airedale. Le standard FCI donne sa généalogie sans détour : l'ancien terrier noir et feu à l'origine de la race, plus du maltais et du skye terrier pour la longueur et la texture du poil. Le nom actuel, lui, est adopté en 1870.

Ce qu'on retient rarement, c'est le métier de départ. Ces petits terriers travaillaient dans les filatures et les mines, où ils tuaient les rats. Le poil long et soyeux qu'on lui connaît aujourd'hui est une sélection d'exposition venue plus tard, quand la race est passée des ateliers aux salons victoriens. La FCI l'a reconnu définitivement le 30 octobre 1954 et le standard en vigueur date du 10 novembre 2011. Il est rangé en section 4, « terriers d'agrément », sans épreuve de travail. Autrement dit : officiellement reclassé chien de compagnie, mentalement toujours en poste.

Côté chiffres, la race recule. La Centrale Canine a enregistré 2 163 yorkshires au LOF en 2025, contre 2 408 l'année précédente, soit -10 % en un an. Même tendance outre-Manche, où la grande étude vétérinaire VetCompass montre que la part de yorkshires parmi les chiens nés est passée de 3,54 % en 2005 à 2,15 % en 2016. La race reste malgré tout massivement présente : 28 032 individus sur les 905 542 chiens suivis en clientèle vétérinaire britannique, soit 3,10 % de la population.

Ce que dit le standard, et ce que ça change chez toi

CaractéristiqueCe que dit le standardCe que ça change chez toi
PoidsJusqu'à 3,2 kgC'est un plafond, pas un idéal : beaucoup de yorkshires de compagnie font 3 à 4 kg sans être hors sujet
TailleAucune taille au garrot n'est fixéeLe standard ne cadre que le poids, d'où des gabarits très variables d'un élevage à l'autre
PoilModérément long sur le corps, parfaitement droit, luisant, fin et soyeux, jamais laineuxUn poil de type cheveu qui pousse en continu : entretien quotidien ou coupe régulière
RobeBleu acier foncé de l'occiput à la naissance de la queue, fauve doré intense sur la tête et le poitrailLes chiots naissent noir et feu ; la robe bleue s'installe progressivement, parfois jusqu'à 2 ans
Caractère« Terrier de compagnie actif et intelligent, plein d'entrain, d'un naturel égal »Un chien vif et équilibré, pas un chien nerveux : la nervosité est un défaut, pas la norme de la race

Une précision qui évite les mauvaises surprises : les mentions « yorkshire toy », « mini » ou « teacup » n'existent nulle part dans le standard. Un chien vendu sous ces étiquettes est soit un yorkshire de petit format, soit le produit d'une sélection sur la miniaturisation, avec les fragilités qui vont avec (os fins, dents entassées, mises bas compliquées) et souvent un prix gonflé parce que le mot fait craquer.

Caractère : trois kilos et zéro complexe

C'est un terrier, avec tout ce que ça implique. Courageux jusqu'à l'inconscience, curieux, prompt à défier un chien dix fois plus gros, capable de passer une demi-heure à guetter un trou de souris. Cette assurance est ce qui fait son charme, et aussi ce qui l'expose : un yorkshire qui provoque un molosse ne fait pas le calcul de son gabarit.

Il parle, beaucoup. L'aboiement d'alerte fait partie du package terrier. Sonnette, ascenseur, pas dans le couloir, pigeon sur le balcon : tout mérite un commentaire. Ça se travaille très bien, mais il faut s'y mettre tôt, et surtout ne pas récompenser sans le vouloir (le prendre dans les bras pour le calmer, c'est lui offrir une promotion). Notre guide sur le chien qui aboie donne la méthode.

Il colle, et il assume. C'est un chien de compagnie au sens strict : il veut être dans la pièce où tu es, sur le canapé où tu es, idéalement sur toi. Très attachant, mais ça demande de travailler la solitude dès l'arrivée du chiot, sinon les absences deviennent un problème.

Attention au « syndrome du petit chien ». Dans l'étude VetCompass, l'agressivité arrive au 10ᵉ rang des motifs de consultation de la race, à 2,51 %. Ce n'est pas un trait de caractère héréditaire, c'est presque toujours le résultat d'un chien qu'on porte au lieu de le faire marcher, qu'on ne présente jamais aux autres chiens et à qui on ne pose aucune limite parce que « il est tout petit ». Un yorkshire éduqué comme un chien est un chien agréable. Un yorkshire éduqué comme une peluche devient un tyran de 3 kg.

Avec les enfants, c'est nuancé. Il est joueur et vif, mais sa fragilité osseuse en fait un mauvais candidat pour des enfants très jeunes qui attrapent, serrent et laissent tomber. À partir de 7 ou 8 ans, avec des règles claires, ça se passe généralement très bien.

Éducation et besoins : le traiter comme un chien, pas comme un sac

Le yorkshire est intelligent et apprend vite, mais il a l'obstination du terrier : s'il trouve que ta demande n'a pas d'intérêt, il négocie. Les principes de notre guide pour éduquer son chien marchent parfaitement, avec quatre points d'attention.

Fais-le marcher au sol. C'est la règle numéro un et celle qu'on enfreint le plus. Un chien porté ne rencontre personne, ne renifle rien, ne fatigue pas et perd toute confiance en ses propres pattes. Compte 45 minutes à 1 heure de sortie par jour, en deux ou trois fois, avec du temps de reniflage libre. Ce n'est pas un chien qui n'a besoin de rien, c'est un chien dont les besoins tiennent dans un format compact.

Harnais obligatoire, collier à proscrire. Un yorkshire qui tire sur un collier exerce une traction directe sur une trachée fine, et la race est prédisposée au collapsus trachéal. Le harnais n'est pas un confort ici, c'est une mesure de santé. Si ton chien tire, notre méthode pour le chien qui tire en laisse s'applique très bien aux petits gabarits.

Socialise sérieusement entre 2 et 4 mois. Autres chiens de toutes tailles, bruits de ville, ascenseurs, poussettes, vélos. C'est la fenêtre qui sépare un yorkshire confiant d'un yorkshire qui hurle sur tout ce qui bouge.

Protège ses articulations. Rampe ou marches pour monter sur le canapé et le lit, tapis antidérapants sur le carrelage, pas de sauts répétés depuis 60 cm de haut. Ses genoux te diront merci, et la section suivante explique pourquoi.

Côté propreté, il a la réputation d'être long à éduquer. C'est surtout une histoire de petite vessie et de sorties trop espacées : notre méthode de propreté du chiot en 7 jours fonctionne, à condition d'augmenter la fréquence des sorties.

Santé : champion de longévité, cancre absolu sur les dents

Commençons par la bonne nouvelle, parce qu'elle est vraiment bonne. L'âge médian au décès relevé sur les yorkshires suivis en clientèle vétérinaire britannique est de 13,56 ans, contre 12,0 ans pour l'ensemble des chiens avec la même méthode. Soit environ un an et demi de vie en plus. Les auteurs de l'étude concluent explicitement à une longévité élevée, signe d'une santé globale robuste. L'écart entre sexes est négligeable (13,50 ans pour les mâles, 13,57 ans pour les femelles). Notre tableau de l'espérance de vie du chien par race remet ces chiffres en perspective.

Maintenant, ce qui se soigne au quotidien. Sur 3 308 yorkshires analysés :

TroubleFréquenceCe qu'on peut y faire
Maladie parodontale21,1 %Brossage des dents plusieurs fois par semaine, détartrage quand le véto le demande
Ongles trop longs6,5 %Coupe régulière : un petit chien d'appartement n'use pas ses ongles
Engorgement des glandes anales4,0 %Alimentation adaptée, vidange par le vétérinaire si besoin
Surpoids3,7 %Peu fréquent, mais 300 g de trop sur un chien de 3 kg, c'est déjà 10 %
Dents de lait persistantes3,6 %Contrôle vers 6 mois : une dent de lait qui ne tombe pas s'extrait
Luxation de la rotule3,4 %Éviter les sauts, surveiller la boiterie intermittente
Otite externe3,3 %Contrôle hebdomadaire des oreilles

Les dents, c'est LE sujet de la race. Un yorkshire sur cinq est diagnostiqué avec une maladie parodontale, et si on ajoute les dents de lait persistantes et les autres troubles dentaires, on dépasse un quart des chiens. La raison est mécanique : le même nombre de dents que chez un labrador, dans une mâchoire de la taille d'un pouce. Elles se chevauchent, le tartre s'installe, la gencive s'infecte, et à terme ça se termine par des extractions et une porte d'entrée pour des infections plus graves. Le brossage des dents n'est pas une coquetterie sur cette race, c'est le geste de prévention qui change une vie de chien. On commence chiot, tranquillement, avec un dentifrice vétérinaire.

Les rotules et les hanches. La luxation médiale de la rotule touche 3,4 % des chiens de la race en consultation, et Fregis relève un risque très nettement supérieur à la moyenne canine (odds ratio de 8,3). Plus rare mais plus brutale, la nécrose aseptique de la tête fémorale (maladie de Legg-Calvé-Perthes) est extrêmement surreprésentée dans la race, avec un âge d'apparition autour de 7 mois. Un jeune yorkshire qui boite d'un postérieur et refuse de poser la patte, ça se montre au vétérinaire sans attendre.

Le collapsus trachéal. Diagnostiqué chez 0,94 % des yorkshires de l'étude, il se manifeste par une toux sèche très caractéristique, souvent décrite comme un cri d'oie, déclenchée par l'excitation ou la traction sur le cou. D'où le harnais, encore et toujours.

Le shunt porto-systémique congénital. C'est la malformation à connaître avant d'acheter un chiot. Un vaisseau anormal court-circuite le foie, les toxines passent directement dans la circulation générale. Le yorkshire y est particulièrement prédisposé, avec des formes majoritairement extra-hépatiques et des signes qui apparaissent presque toujours avant 1 an : chiot qui reste petit et maigre, abattement ou désorientation après les repas, vomissements, parfois convulsions. Ça se traite, chirurgicalement dans les meilleurs cas, mais plus le diagnostic est précoce, mieux c'est. Un éleveur sérieux connaît le sujet et ne le balaie pas d'un revers de main.

Ce qui emporte les yorkshires, à la fin. Les deux premières familles de causes de décès sont les troubles cérébraux (9,8 %) et les troubles rénaux (8,7 %), loin devant chez cette race où les tumeurs pèsent moins que la moyenne. Rien de tout ça ne se prévient vraiment, mais ça explique pourquoi un bilan sanguin annuel à partir de 8 ou 9 ans a du sens.

Côté alimentation, c'est un chien à petite ration mais à besoins énergétiques élevés au kilo, qui exige des croquettes de petite taille pour une mâchoire minuscule. Notre classement des meilleures croquettes pour chien détaille les critères de choix.

Toilettage : la vraie contrainte de la race

C'est là que beaucoup se font piéger. Le poil du yorkshire ne fonctionne pas comme un pelage classique : il pousse en continu, comme des cheveux, et ne mue quasiment pas. C'est ce qui lui vaut sa place dans notre sélection de chiens qui perdent peu de poils. Le revers, c'est qu'un poil qui ne tombe pas est un poil qui s'emmêle.

Deux options, et il faut choisir en connaissance de cause :

  • Poil long, façon exposition. Brossage quotidien, mèche par mèche, bain régulier, papillotes pour les chiens de concours. C'est magnifique et c'est un vrai engagement de temps.
  • Coupe courte, dite « puppy cut ». Passage chez le toiletteur toutes les 6 à 8 semaines, brossage deux à trois fois par semaine entre deux. C'est ce que choisit l'immense majorité des propriétaires, et le chien s'en porte très bien.

Dans les deux cas : contrôle des yeux (le poil de la frange irrite la cornée s'il n'est pas attaché ou coupé), nettoyage du contour de la bouche, oreilles vérifiées chaque semaine, ongles coupés souvent. Le toilettage professionnel, à raison de 6 à 8 séances par an, représente le principal poste de dépense récurrent de la race après le vétérinaire.

À qui convient cette race ?

Il est fait pour toi si tu vis en appartement, si tu veux un chien vif et attachant sans avoir un labrador dans le salon, si tu supportes de brosser ou de faire toiletter régulièrement, et si tu comptes le sortir tous les jours comme un vrai chien. Il voyage facilement, s'adapte aux petits logements, tient très bien dans une vie urbaine et il vit longtemps, ce qui n'est pas rien. Notre sélection de petites races de chien idéales en appartement le place d'ailleurs parmi les valeurs sûres du format compact.

Passe ton chemin si tu veux un chien silencieux, si l'idée du brossage ou du budget toiletteur te décourage, si tu as des enfants en bas âge un peu brusques, ou si tu cherches un chien qu'on porte plus qu'on ne le promène. Et si le brossage des dents te semble ridicule, choisis une autre race : sur un yorkshire, c'est le geste qui pèse le plus lourd sur les quinze années à venir.

Côté budget, un chiot yorkshire LOF issu d'un élevage sérieux se situe le plus souvent entre 900 et 1 500 €, avec des écarts importants selon la lignée. À l'année, hors imprévus, compte autour de 700 à 1 100 € : il mange peu, mais le toilettage et les soins dentaires rattrapent largement l'économie de croquettes.

Le yorkshire perd-il ses poils ?

Très peu. Son poil est de type cheveu, il pousse en continu et ne connaît pas de mue saisonnière marquée, contrairement à un labrador ou un berger allemand. Attention toutefois au raccourci : aucune race n'est réellement « hypoallergénique », puisque les allergènes se trouvent surtout dans la salive et les squames, pas dans le poil lui-même. Un yorkshire salit simplement beaucoup moins la maison.

Un yorkshire peut-il rester seul en appartement ?

Oui, à condition de l'y avoir préparé dès chiot, par tranches courtes qu'on allonge progressivement. C'est un chien très attaché à ses humains, donc plus exposé que la moyenne aux absences mal gérées, qui se traduisent par des aboiements continus (et des voisins en face). Une absence de 4 à 6 heures avec une bonne sortie avant et un jeu d'occupation au départ ne pose généralement aucun problème.

Pourquoi mon yorkshire aboie-t-il sur tout ?

Parce qu'il fait le boulot pour lequel il a été sélectionné : alerter. Un terrier signale ce qui bouge, c'est câblé. Ce qui transforme une alerte normale en aboiement permanent, c'est en général l'ennui, le manque de sorties et les renforcements involontaires (on le prend dans les bras, on lui parle, on lui donne quelque chose pour qu'il se taise). On travaille en récompensant le silence, pas en punissant le bruit.

« Yorkshire toy », « mini », « teacup » : ça existe vraiment ?

Non, pas au sens officiel. Le standard FCI ne connaît qu'un seul yorkshire terrier, avec un poids plafond de 3,2 kg et aucune sous-variété. Ces appellations sont du vocabulaire commercial, souvent appliqué à des chiens sélectionnés pour être encore plus petits, avec à la clé des risques accrus : fragilité osseuse, hypoglycémie chez le chiot, mises bas difficiles, dentition encore plus à l'étroit. Un prix plus élevé pour un chien plus fragile, c'est rarement une bonne affaire.

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Crédits photos : Jacek Plak, via Pexels