Braque de Weimar : caractère, santé, sport et prix

Ses chiots naissent avec des yeux bleu ciel. Torsion d'estomac, fièvre du chiot, chiffres OFA, besoins réels et prix d'un braque de Weimar.

Braque de Weimar gris argenté aux yeux ambre, debout dans la neige

Les chiots braque de Weimar naissent avec des yeux bleu ciel. Ce n'est pas une légende d'éleveur, c'est écrit noir sur blanc dans le standard officiel de la race, juste après la ligne qui décrit l'œil adulte, ambre clair à ambre foncé. Ces yeux virent en quelques semaines, et c'est très bien comme ça : un braque de Weimar adulte aux yeux bleus n'existe pas. Le problème, c'est que cette race est devenue une image avant d'être un chien, et que la photo de la boule de poils grise aux yeux clairs a fait vendre beaucoup de chiots à des gens qui n'avaient pas lu la ligne suivante du standard. Celle qui dit « chien de chasse polyvalent ». Traduction en français du quotidien : deux heures de dépense par jour, et un animal qui supporte très mal d'être seul.

🐾 Cette fiche fait partie de notre encyclopédie des races de chien de A à Z.

Origines : le plus ancien des chiens d'arrêt allemands

Le standard FCI n°99 reconnaît qu'il existe plusieurs théories sur les origines exactes de la race, et n'en tranche qu'une : dès le premier tiers du XIXe siècle, le braque de Weimar était élevé à la cour du duc de Weimar et employé comme limier. Vers le milieu du siècle, l'élevage passe presque entièrement entre les mains de chasseurs professionnels et de forestiers d'Allemagne centrale, dans la région de Weimar et en Thuringe.

L'époque des limiers s'achevant, ces éleveurs croisent leurs chiens avec des chiens d'oysel et poursuivent la sélection sur les produits. À partir de 1890, la race entre dans un livre des origines et dans un élevage planifié. Le standard souligne un point que peu de races peuvent revendiquer : depuis cette inscription, les croisements avec d'autres races, et tout particulièrement avec des pointers, ont été évités. Élevé en race pure depuis 1900, le braque de Weimar est vraisemblablement le plus ancien des chiens d'arrêt allemands.

La variété à poil long apparaît, elle, dès le début du XXe siècle. Elle est officiellement reconnue par le standard, mais elle reste rare, en Allemagne comme en France : quand tu croises un braque de Weimar dans un parc, c'est un poil ras dans quasiment tous les cas.

En France, la race a une place stable sans être envahissante. La Société Centrale Canine a enregistré 829 braques de Weimar au LOF en 2025, contre 801 l'année précédente, soit +3 %. Ça le place en 6e position du groupe des chiens d'arrêt, loin derrière le setter anglais (5 086) et l'épagneul breton (3 793), mais dans une dynamique positive alors que plusieurs races du groupe reculent. Autre chiffre parlant dans ce tableau : seuls 21 % des braques de Weimar inscrits passent la confirmation, le taux le plus bas des grandes races du groupe. Une partie des chiots part donc dans des foyers qui ne feront jamais confirmer le chien, ce qui en dit long sur le profil des acheteurs.

Ce que dit le standard, et ce que ça change chez toi

CaractéristiqueCe que dit le standardCe que ça change chez toi
TailleMâles de 59 à 70 cm, femelles de 57 à 65 cmUn vrai grand chien, plus haut qu'un labrador, qui atteint le plan de travail sans effort
PoidsMâles de 30 à 40 kg, femelles de 25 à 35 kgEntre 25 et 40 kg selon le sexe et la lignée : budget croquettes et véto en conséquence
FormatLongueur du corps / hauteur au garrot : 12/11Un chien à peine plus long que haut, athlétique, taillé pour le galop rasant
TêteMuseau long, presque carré de profil, stop très peu marquéAucun souci respiratoire lié au format de la face, contrairement aux races à face plate
YeuxAmbre clair à ambre foncé ; « les chiots ont des yeux de couleur bleu ciel »Le bleu des chiots disparaît : un adulte aux yeux bleus n'est pas conforme
RobeGris argenté, gris brunâtre, gris souris et nuances intermédiaires ; blanc admis en faible mesure au poitrail et aux doigtsLe gris est la race, mais aucune nuance ne vaut plus cher qu'une autre
PoilRas (couché, dru, très épais) ou long (3 à 5 cm sur les côtés, franges, culotte, panache)Le poil ras perd des poils courts et raides toute l'année : ils se plantent dans les tissus
CaractèreDocile, équilibré, passionné pour la chasse, persévérant, « sans manifester du tempérament en excès » ; bon gardien mais sans agressivitéUn chien qui prévient, mais qui n'est pas fait pour mordre
Défauts éliminatoiresChien agressif ou peureux ; couleur autre que gris ; couleur bleueUn « Weimar bleu » est hors standard, pas une rareté de collection

Trois lignes de ce tableau méritent qu'on s'y arrête.

D'abord, le gabarit est souvent sous-estimé. On garde en tête des photos de chiots élancés, on oublie que le standard autorise jusqu'à 70 cm au garrot chez le mâle. C'est plus grand qu'un labrador, à peu près la taille d'un berger allemand mâle, avec des pattes plus longues. Notre guide des grandes races de chien donne les bons repères si tu hésites encore sur le format.

Ensuite, c'est un chien à museau normal, ce qui reste un capital santé sous-estimé. La grande étude de longévité de McMillan et ses collègues, portant sur 584 734 chiens du Royaume-Uni, donne pour le braque de Weimar une médiane de survie de 12,8 ans (intervalle de confiance à 95 % : 12,6 à 13,0 ans), sur 2 990 chiens dont 1 229 décédés. C'est mieux que la médiane des chiens croisés de l'étude (12 ans), avec un risque de décès inférieur de 20 %. Pour un chien de 35 kg, c'est un très bon score. Notre tableau de l'espérance de vie du chien par race remet ce chiffre en perspective.

Enfin, le standard décrit un gardien sans agressivité. Le texte est explicite : il s'attaque aux nuisibles comme au gibier, il est bon gardien, mais sans agressivité, et le chien agressif ou peureux est éliminatoire. Concrètement, un braque de Weimar aboie quand quelqu'un arrive et va ensuite lui réclamer une caresse. Si tu cherches un chien de protection, ce n'est pas lui.

Gris, mais pas bleu : le piège de la « couleur rare »

Il faut dire un mot de cette annonce que tu croiseras tôt ou tard : « braque de Weimar bleu, lignée rare, disponible ».

Le standard FCI est sans ambiguïté. Dans la liste des défauts entraînant l'exclusion, on trouve deux lignes côte à côte : « Couleur s'écartant des tons de gris, p. ex. jaunâtre ou brunâtre » et « Couleur autre que gris. Couleur bleue ». Un braque de Weimar bleu n'est donc pas une variété prestigieuse : c'est une robe qui exclut le chien du standard de sa propre race.

Ce que ça change concrètement :

  • Le chien reste un chien, et il peut être adorable. On ne parle pas de sa valeur affective, on parle de ce qu'on te facture.
  • La rareté invoquée est une rareté fabriquée. Une couleur non conforme n'est pas un label, c'est l'inverse d'un label.
  • Un supplément de prix pour la couleur est un signal d'alerte sur le sérieux de l'élevage. Un éleveur qui vend d'abord une teinte vend rarement une santé.
  • Même logique pour les yeux : si une annonce promet un adulte aux yeux bleus, l'annonce ment, ou le chien n'est pas un braque de Weimar.

Caractère : un chien de chasse qui ne supporte pas d'être seul

Le standard parle de docilité, et c'est vrai. « Docile, d'un caractère bien équilibré, passionné pour la chasse et persévérant dans la quête systématique, sans cependant manifester du tempérament en excès. » Cette dernière incise est importante : on n'a pas sélectionné une pile électrique ingérable, mais un chien capable de bosser des heures en gardant la tête froide. Il apprend vite et il aime plaire.

Mais c'est un chien fusionnel, et c'est LE sujet de la race. Le braque de Weimar a une réputation solide de « chien velcro » : il te suit d'une pièce à l'autre, il s'installe contre toi, il surveille la porte. Ce n'est pas un défaut de caractère, c'est un chien de chasse sélectionné pour travailler en lien étroit et permanent avec son conducteur. La contrepartie est directe : les solitudes longues et répétées lui coûtent cher, et l'anxiété de séparation est le motif de consultation comportementale qui revient le plus souvent chez cette race. Nos méthodes douces contre l'anxiété de séparation valent la peine d'être lues avant l'arrivée du chiot, pas après le premier canapé éventré.

Il est sensible, y compris au ton de ta voix. Un braque de Weimar grondé injustement se ferme et se met à anticiper la punition. La méthode forte ne fonctionne pas sur un chien qui cherche déjà à bien faire, et le standard rappelle d'ailleurs que le chien peureux est éliminatoire : ce n'est pas un tempérament à encourager.

Avec les enfants, c'est bon, avec les petits animaux, beaucoup moins. C'est un chien affectueux et joueur en famille, mais son gabarit et son enthousiasme font des dégâts involontaires sur un enfant de trois ans lancé à pleine vitesse. Et son instinct de prédation reste très vif : chats, lapins, poules, la cohabitation se construit très tôt ou pas du tout.

Il s'ennuie vite, et il le fait savoir. Un braque de Weimar sous-employé ne devient pas un chien calme, il devient un chien qui hurle, creuse, vole sur les plans de travail et démonte ce qui traîne. Sa taille rend chaque bêtise plus coûteuse que chez un petit chien.

Éducation et besoins : le vrai contrat

Les bases de notre guide pour éduquer son chien s'appliquent telles quelles. Cinq points sont spécifiques à cette race.

Compte 1h30 à 2 heures d'activité quotidienne, toute l'année. Pas deux tours du pâté de maisons. Il faut de la course libre, du terrain varié, du reniflage. C'est un chien qui accompagne très bien un coureur ou un vététiste adulte (à partir de 15 à 18 mois, pas avant, croissance oblige), et qui excelle en canicross. Nos spots de rando dog friendly en France donnent des idées pour les week-ends, mais c'est bien le quotidien qui décide.

Fais travailler sa truffe, pas seulement ses pattes. Erreur classique de propriétaire de chien sportif : croire qu'un chien épuisé est un chien satisfait. Un braque de Weimar a besoin d'utiliser son flair, décrit dans le standard comme « d'une qualité remarquable ». Quinze minutes de recherche de friandises cachées le calment davantage qu'une demi-heure de lancer de balle. Pistage, mantrailing, cavage, obérythmée, agility : tout ce qui associe le nez et la réflexion fait le travail.

Le rappel se construit dès le premier jour. C'est le point critique de tous les chiens d'arrêt. Un braque sur une émanation de gibier entre dans un état où ta voix ne pèse plus rien, et il ne le fait pas pour t'embêter : il fait exactement ce pour quoi on l'a sélectionné pendant un siècle et demi. Notre article sur le chien qui fait la sourde oreille explique pourquoi le rappel s'effondre en milieu riche. En pratique : rappel payé à chaque fois, longe de 10 mètres tant que ce n'est pas béton, zéro lâcher près d'une route.

Sur les grands espaces, le collier GPS n'est pas un gadget. Un braque de Weimar en action couvre du terrain à une vitesse qui rend la recherche à pied illusoire. Notre comparatif des colliers GPS pour chien fait le tri entre les modèles à abonnement et le reste. Et parce que 35 kg de chien enthousiaste au bout d'une laisse, c'est vite désagréable, un passage par notre comparatif des harnais anti-traction évite bien des épaules douloureuses.

En appartement ? Techniquement possible, franchement exigeant. Il est propre, calme à l'intérieur quand ses besoins sont couverts, et il n'aboie pas dans le vide. Mais on parle d'un chien de 30 à 40 kg qui a besoin de deux heures de dépense et qui vit mal la solitude : le combo « T3 en ville + journées de bureau » est le scénario qui produit le plus de braques de Weimar en refuge. Notre guide pour vivre en appart avec un grand chien détaille ce qui rend la chose tenable. Et pour les premières semaines, notre méthode de propreté du chiot en 7 jours s'applique sans adaptation.

Santé : ce que disent les vrais chiffres

Globalement, c'est un chien robuste, à museau normal, sans exagération morphologique, avec une longévité honorable pour son gabarit. Mais quatre sujets méritent une vraie attention, et le premier est une urgence vitale.

1. La torsion d'estomac : l'urgence à connaître avant d'adopter

C'est le point de vigilance numéro un de la race, et il n'est pas théorique.

Le syndrome dilatation-torsion de l'estomac (SDTE, souvent appelé « torsion d'estomac ») touche surtout les grands chiens à poitrine profonde. L'estomac se dilate puis pivote sur lui-même, coupant la circulation. Sans chirurgie en urgence, le chien meurt en quelques heures.

Deux études cadrent le risque. Dans l'étude prospective de Glickman et ses collègues, qui a suivi 1 914 chiens de 11 races à risque dont le braque de Weimar, l'incidence cumulée du SDTE atteint 5,7 % toutes races confondues, et 30 des 105 chiens ayant fait une torsion sont morts, soit 28,6 %. Côté britannique, l'enquête d'Evans et Adams sur 15 881 décès et 36 006 chiens vivants classe le braque de Weimar parmi les cinq races les plus touchées en termes de morbidité, aux côtés du grand bleu de Gascogne, du bloodhound, de l'otterhound et du setter irlandais. L'âge médian au premier épisode y est de cinq ans : ce n'est pas une maladie de vieux chien.

Ce qu'on sait des facteurs de risque, d'après les travaux du même groupe : l'âge qui augmente, un parent au premier degré ayant fait une torsion, une vitesse d'ingestion élevée, et, contre toute intuition, une gamelle surélevée. Ce dernier point est important parce qu'on continue de vendre des gamelles sur pied comme du confort orthopédique pour grand chien.

Les réflexes concrets :

  • Fractionner les repas en deux, voire trois prises quotidiennes, plutôt qu'un gros repas.
  • Ralentir l'ingestion (gamelle anti-glouton, distributeur, tapis de fouille).
  • Gamelle au sol, pas sur pied.
  • Pas d'effort intense dans l'heure qui précède et les deux heures qui suivent le repas.
  • Demander à l'éleveur s'il y a eu des cas de torsion dans la lignée. Ce n'est pas indiscret, c'est un facteur de risque documenté.
  • Parler de la gastropexie préventive à ton vétérinaire si tu fais stériliser le chien : la fixation chirurgicale de l'estomac se pratique dans le même temps opératoire et se discute sérieusement chez les races à haut risque.

Et surtout, connaître les signes : abdomen qui gonfle et devient tendu, tentatives de vomissement improductives (le chien essaie de vomir et rien ne sort), salivation, agitation, position en prière, abattement brutal. Ce n'est pas « on verra demain », c'est une clinique vétérinaire d'urgence dans l'heure. Nos 7 signes qui imposent d'emmener son chien chez le vétérinaire reprennent le tableau clinique.

2. L'ostéodystrophie hypertrophique : le chiot qui fait de la fièvre à 3 mois

C'est une particularité de la race que personne ne mentionne dans les annonces, et elle survient très tôt.

L'ostéodystrophie hypertrophique (ODH) est une maladie inflammatoire des zones de croissance des os longs, chez les chiots de grande race en pleine poussée. L'étude de Safra et ses collègues, portant sur 53 braques de Weimar atteints, donne un tableau très net :

DonnéeCe que montre l'étude
Âge de survenue7 à 18 semaines, avec un pic marqué à 12-14 semaines (54,7 % des cas)
SignesFièvre, abattement, douleur osseuse ; souvent troubles digestifs, écoulement oculaire, pustules cutanées
FamilialEnviron la moitié des chiens avaient un frère ou une sœur de portée également atteint, et ceux-là rechutaient davantage
Traitement12 chiens sur 22 traités aux anti-inflammatoires non stéroïdiens n'étaient pas en rémission à 7 jours ; tous les chiens traités d'emblée par corticoïdes ont été en rémission en 8 à 48 heures
DevenirSur 33 chiens devenus adultes, 28 (84,8 %) étaient en bonne santé

Deux choses à retenir, et une à ne surtout pas déformer.

À retenir : un chiot braque de Weimar qui boite, qui a de la fièvre et qui refuse de se lever à 3 mois n'a pas « fait un faux mouvement ». C'est une consultation vétérinaire le jour même, en mentionnant la race et l'ODH, parce que le choix du traitement change tout et que les lésions ne sont parfois visibles à la radio que 48 à 72 heures après le début des signes.

À ne pas déformer : les auteurs notent que les 53 chiens avaient été vaccinés dans les 1 à 30 jours précédant les signes, sans différence entre vaccins recombinants et non recombinants. Cette observation ne démontre pas que le vaccin cause l'ODH : il s'agit d'une série de cas rétrospective, sans groupe témoin, sur une tranche d'âge où absolument tous les chiots sont vaccinés. Ne pas vacciner un chiot, c'est l'exposer à la parvovirose et à la maladie de Carré, qui tuent, elles, de façon parfaitement documentée. Le bon réflexe n'est pas de sauter des vaccins, c'est d'en parler à ton vétérinaire pour caler le calendrier et savoir quoi surveiller dans les jours qui suivent.

Un dernier point qui compte : ne pousse pas la croissance. Une alimentation trop énergétique ou trop riche en calcium accélère la pousse et charge des articulations qui ne sont pas prêtes. Notre classement des meilleures croquettes pour chien aide à choisir une formule chiot grande race plutôt qu'une bombe calorique.

3. Hanches, coudes, yeux : ce que disent les chiffres de dépistage

Sur les données de l'Orthopedic Foundation for Animals, le bilan orthopédique du braque de Weimar est plutôt bon pour un chien de ce gabarit.

ExamenVolumeRésultat
Hanches14 678 évaluations90,5 % normales (dont 22,8 % « excellent »), 8,5 % dysplasiques (5,7 % légères, 2,4 % modérées, 0,4 % sévères)
Coudes3 166 évaluations97,9 % normales
Rotules85 évaluations98,8 % normales
Thyroïde1 321 évaluations88,7 % normales
Yeux1 310 examens95,0 % normaux

Moins d'un chien sur onze ressort dysplasique de la hanche, avec des formes très majoritairement légères : c'est nettement mieux que beaucoup de races de taille comparable. À nuancer dans un sens, comme toujours : ces chiens ont été radiographiés volontairement, souvent des reproducteurs, l'échantillon n'est pas la population générale. Mais avec 14 678 dossiers, le signal est solide. La question à poser à l'éleveur reste la même, mot pour mot : « Les deux parents ont-ils un résultat officiel de dépistage de la dysplasie, et lequel ? »

Un détail oculaire mérite d'être connu, parce qu'il est fréquent et souvent découvert par hasard : dans le détail des examens oculaires de l'OFA, 26,3 % des braques de Weimar examinés présentaient une distichiasis, c'est-à-dire des cils qui poussent au mauvais endroit sur le bord de la paupière. Un chien sur quatre, donc. C'est le plus souvent bénin et sans conséquence, mais quand ces cils frottent la cornée, ça donne un œil qui pleure, qui cligne, parfois un ulcère. Un chien qui garde un œil mi-clos n'est pas fatigué : c'est un motif de consultation.

4. Deux maladies génétiques dont cette race est la référence mondiale

Il existe deux affections neurologiques pour lesquelles le braque de Weimar est la race de référence dans les bases de dépistage, avec un test ADN disponible pour chacune. Bonne nouvelle : elles sont récessives, donc parfaitement évitables par un éleveur qui teste.

Le dysraphisme spinal. C'est une malformation congénitale du canal médullaire. Le laboratoire de génétique vétérinaire de UC Davis décrit une transmission autosomique récessive liée à une mutation du gène NKX2-8 : il faut deux copies pour être atteint, un porteur est parfaitement normal. Le signe caractéristique est une démarche en « saut de lapin » à l'arrière, les deux postérieurs avançant ensemble, avec une faiblesse et un manque de coordination de l'arrière-main alors que l'avant est normal. Point rassurant : l'affection n'est ni douloureuse ni évolutive. Sur les chiens testés recensés par l'OFA, 6,6 % sont porteurs et 0,3 % atteints.

L'hypomyélinisation, ou « chiot trembleur ». Toujours selon UC Davis, c'est également une maladie autosomique récessive : les chiots atteints tremblent à l'état de veille dès l'âge de 2 semaines. Les signes disparaissent dans la plupart des cas vers 3 à 4 mois, certains chiens gardant un léger tremblement des postérieurs. La fréquence des porteurs a été estimée à 4,3 % dans la race au moment de la sortie du test, ce que confirment les chiffres de l'OFA (2,3 % de porteurs sur 398 chiens testés).

Concrètement, à l'achat : demande si les parents ont été testés pour SD et HYM. Un éleveur sérieux sortira les résultats sans hésiter, parce que deux porteurs accouplés donnent statistiquement 25 % de chiots atteints.

À noter aussi, sans dramatiser : le braque de Weimar figure au 5e rang des races pour l'hyperuricosurie dans les données OFA, avec 22,3 % de porteurs mais seulement 0,7 % de chiens atteints sur 417 testés. Là encore, c'est un test ADN de routine chez les éleveurs qui suivent le sujet, et le portage n'a aucune conséquence sur la santé du chien.

Enfin, comme tout chien qui court en lisière et en sous-bois, il ramasse tiques et puces bien plus qu'un chien de ville. Notre guide pour se débarrasser vraiment des puces et des tiques détaille le protocole, et le comparatif des anti-puces compare les formats.

À qui convient cette race ?

Il est fait pour toi si tu es sportif de façon régulière et pas seulement le dimanche, si tu es souvent à la maison ou capable d'emmener ton chien avec toi, si tu veux un compagnon élégant, intelligent, très attaché, facile à éduquer et sans corvée de toilettage. Chasseur, coureur, cavalier, vététiste, télétravailleur avec du terrain à portée : c'est un chien qui rend au centuple ce qu'on lui donne en temps.

Passe ton chemin si tes journées se passent au bureau et ton chien seul à la maison, si l'idée de deux heures de dépense quotidienne par tous les temps te crispe, si tu as des petits animaux à protéger, ou si tu cherches un chien de garde dissuasif. Et si tu envisages ta première adoption sans aucune expérience du chien sportif, ce n'est pas le meilleur point de départ : ce n'est pas un chien difficile, c'est un chien exigeant, et la différence se paie en temps.

Côté budget, un chiot braque de Weimar LOF issu d'un élevage sérieux se situe le plus souvent entre 900 et 1 500 €, avec des tarifs plus élevés sur les lignées de travail ou de beauté confirmées. À l'année, hors imprévus, prévois 1 100 à 1 700 € : le toilettage ne coûte rien, mais un chien de 30 à 40 kg qui se dépense mange en conséquence, et l'antiparasitaire d'un chien de terrain n'est pas un poste où l'on rogne. Ajoute une ligne mentale pour l'urgence : chez une race à risque de torsion, une chirurgie d'urgence se chiffre facilement à plusieurs milliers d'euros, ce qui rend la question de l'assurance nettement moins théorique que sur un petit chien. Notre guide du budget réel d'un chien détaille poste par poste, et notre comparatif des assurances chien donne les critères qui comptent vraiment.

Le braque de Weimar peut-il rester seul la journée ?

C'est la question qui détermine si tu dois adopter cette race ou non. Il le supporte mal. C'est un chien sélectionné pour travailler en lien permanent avec son conducteur, et il transfère ce lien sur sa famille. Quelques heures avec une vraie sortie avant et après, oui, à condition de l'y avoir habitué progressivement dès chiot. Huit à dix heures par jour, cinq jours par semaine, non : tu obtiendras des destructions, des vocalises et un chien en souffrance réelle. Si ton emploi du temps ressemble à ça, regarde plutôt une race plus indépendante.

Le braque de Weimar est-il un bon chien de famille ?

Oui, à condition d'être une famille active. Il est affectueux, joueur, patient avec les enfants qu'il connaît, et le standard sanctionne aussi bien l'agressivité que la peur. Deux réserves honnêtes : son gabarit fait des dégâts involontaires sur un tout-petit lancé à pleine vitesse dans le salon, et son instinct de prédation rend la cohabitation avec un chat ou des poules délicate si elle n'est pas construite très tôt. Sortez-le d'abord, câlinez ensuite.

Faut-il chasser pour avoir un braque de Weimar ?

Non, mais il faut lui offrir un équivalent sérieux. Le standard le décrit comme un chien de chasse polyvalent capable de travailler en plaine, au bois et à l'eau, avant et après le coup de feu, avec un flair remarquable. Cette machine-là ne s'éteint pas parce que tu vis en ville. Canicross, vélo, pistage, mantrailing, cavage, agility, longues balades avec du reniflage libre : tout ce qui fait travailler le corps ET le nez remplit le contrat. Ce qui ne marche pas, c'est de ne rien lui proposer.

Pourquoi les chiots braque de Weimar ont-ils les yeux bleus ?

Parce que le standard de la race le prévoit noir sur blanc : les chiots naissent avec des yeux bleu ciel, qui virent ensuite vers l'ambre clair à ambre foncé de l'adulte. C'est une étape de développement du pigment, pas une variété. Un adulte aux yeux bleus s'écarte donc du standard, et aucune annonce sérieuse ne devrait te vendre cette couleur comme une caractéristique durable.

Le braque de Weimar perd-il beaucoup de poils ?

Il ne demande aucun toilettage, mais il perd. Le poil ras du braque de Weimar est décrit par le standard comme court, dru et très épais, plus long et plus dense que chez la plupart des races comparables. Ces poils courts et raides se plantent dans les tissus et sont plus pénibles à retirer que les poils longs d'un golden. Un coup de gant de bouchonnage deux fois par semaine limite la casse, mais ce n'est pas un chien hypoallergénique : si c'est ton critère, regarde plutôt nos races de chiens hypoallergéniques.

Quelle différence entre le braque de Weimar à poil ras et à poil long ?

C'est la même race, avec deux variétés de poil admises par le même standard. Le poil ras est de loin le plus répandu. Le poil long a un poil de couverture souple et long, lisse ou légèrement ondulé, de 3 à 5 cm sur les côtés, avec des franges, une culotte, un panache à la queue et des espaces entre les doigts poilus. Le caractère et les besoins sont identiques ; le poil long demande simplement un peu plus de brossage, et attrape davantage les épillets en été.

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Crédits photos : Hajo Schön, via Pexels